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choses blanches / white things · choses folles / crazy things · choses blanches de plus en plus folles / crazier white things

Démarche artistique

Mon travail sculptural émerge de mon sentiment que la norme hétérosexiste persiste et pousse une diversité de genres à dissimuler leur orientation sexuelle malgré les avancées légales et l’ouverture avouée à ce propos. Par accumulation de petits gestes, ma manière de travailler implique que chaque action influence la suivante. Dans un premier temps, j’effectue une cueillette d’objets issus de la culture populaire dans lesquels la représentation du genre et des rôles sociaux attribués aux deux sexes varie peu. Je m’intéresse à une grande diversité d’objets, entre autres aux jouets pour enfants (peluches, figurines), aux souvenirs touristiques (babioles, cartes postales), aux produits dérivés (de films, d’équipes sportives) ainsi qu’aux livres grand public (best-sellers, dictionnaires). J’interviens sur eux pour modifier leur connotation. Souvent, je les recouvre afin de cacher certaines parties tout en en révélant d’autres. Dans mes sculptures-assemblages, par les rencontres improbables d’images, de mots, de matériaux et de matières, dans lesquelles je tente de représenter une pluralité d’identités, la charge symbolique des objets est modifiée. Je souhaite susciter chez le spectateur un mélange de curiosité, de fascination et d’inconfort.

 

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Mes installations s’inspirent de la dissimulation possiblement induite par l’homosexualité. Est-il encore possible de provoquer la surprise, le dégoût, la moquerie lorsqu’on révèle qu’on est gay ? Je m’intéresse aux ambiguïtés linguistiques cachant ou révélant l’identité : les double sens, les calembours, les mauvaises traductions. De la littérature, je m’inspire de de romans, de poèmes, de chansons, de pièces de théâtre, de bandes dessinées traitant plus ouvertement de ce rapport à l’identité sexuelle et je détourne les stéréotypes de la culture populaire.

 

Mon processus créatif débute par une collecte d’objets et de textes : livres, cartes postales, cartes géographiques, souvenirs, bibelots et jouets. J’en choisis qui me semblent porteurs de stéréotypes identitaires. Dans ces objets, les rôles attribués varient peu : femme mère, sainte ou sex symbol; homme toréador, étalon ou séducteur. À cet effet, les stéréotypes des souvenirs touristiques et des chansons populaires me fascinent.

 

En atelier, j’effectue des interventions plastiques sur ces objets pour modifier leur connotation. Souvent, je les recouvre de matière (gesso, plâtre, couleur) afin de cacher certaines parties et en révéler d’autres. Le jouet peut alors devenir menaçant, le ballon repoussant. À la fois rencontre d’images, de mots et de matières, mes assemblages et mes collages modifient le sens initial des objets.

 

Je crée des environnements surchargés. Leur côté festif accueille, leur équilibre précaire inquiète. Le visiteur est invité à prendre le temps de les parcourir, de s’y assoir et de lire les textes. Je souhaite provoquer chez lui des sentiments ambivalents : un mélange de curiosité et de dégoût, de fascination et d’inconfort, d’amusement et de révolte. Devant le ridicule de certaines représentations, ne vaut-il pas mieux en rire qu’en pleurer?

 

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Mon travail artistique est à la fois peinture, sculpture et texte poétique. Je cherche à déstabiliser le spectateur en l’invitant à établir des relations entre des éléments de disciplines artistiques distinctes de même qu’avec des éléments étrangers à l’art. Ancrées dans la matérialité et la textualité, mes œuvres ouvrent sur des questions identitaires. Elles interrogent les limites et les représentations du féminin et du masculin, les frontières entre le « beau » et le déchet, la norme et sa transgression, l’art et la culture populaire. Comme dans l’écriture poétique, j’assemble de manière inhabituelle des matières premières hétérogènes et des mots qui sont accumulés, juxtaposés, contaminés, souvent traités de façon humoristique. La matérialité prend une place importante dans mes travaux : l’aspect visuel oscille entre le fini, l’ébauche et le bricolé, entre l’attirant et le rebutant. Il s’agit pour moi de questionner de manière inconvenante l’identité féminine et d’interroger les limites de ce qui est considéré comme « normal », un peu comme le faisaient les collages féministes des années 70, cette fois avec humour.

 

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Artist’s statement

My sculptural work emerges from the feeling that the heterosexist norm prevails, pushing some to dissimulate their sexual orientation, despite legal advances and further declared openness toward a diversity of gender expressions. My working style, as an accumulation of small gestures, implies that every action influences the next one. I first collect objects from popular culture in which gender representation and social roles allocated to both sexes vary little: children’s toys (plushies, action figures), tourist souvenirs (trinkets, postcards), movie and sport team consumer products, and mainstream books (best sellers, dictionaries). I then intervene on these objects to alter their meaning, often covering them with matter to hide some parts, while at the same time revealing other aspects. In my sculpture-assemblies – unlikely combinations of images, words, materials and matter –, I attempt to represent a plurality of identities, and to modify the symbolic charge of objects. In doing so, I hope to stir up a mix of curiosity, fascination, and discomfort in the observer.

 

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My installations are inspired by the dissimulation that homosexuality can induce. Will someone who reveals that he or she is queer still provoke surprise, disgust or mockery in this day and age? I’m interested in the linguistic ambiguities that hide or reveal one’s identity, such as double entendres, puns and bad translations. I draw inspiration from literature – novels, poems, songs, plays and comic books openly dealing with sexual identity; I also manipulate stereotypes drawn from popular culture.

 

My creative process begins with the collection of objects and texts: books, postcards, maps, souvenirs, trinkets and toys. I choose those that appear to embody identity stereotypes, where women are mothers, saints or sex symbols and men are toreadors, stallions or womanizers. To this end, souvenirs and popular songs fascinate me.

 

In the studio, I work on those objects using a variety of processes, often covering them with gesso, plaster or paint to hide some parts and reveal others. Doing so alters their connotation: toys may become threatening, party balloons disgusting, and so on. Combining images, words and materials, my artwork changes the initial meaning of the objects they contain or refer to.

 

My installations are overly busy environments. The festive atmosphere attracts, but the precarious way that elements are held in place creates a feeling of tension. Visitors may explore, sit down and take the time to read the texts. I hope to provoke ambiguous feelings: curiosity and disgust, fascination and awkwardness, entertainment and annoyance. Seeing how gender identity is portrayed in culture and media, is laughter the best medicine?

 

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I create multidisciplinary art installations merging sculpture, painting and poetry. I combine elements from distinct artistic practices and things foreign to art in order to suggest associations that will destabilize the viewer. Text based and tactile, my works tackle issues of identity and gender. They question the limits and the representations of feminine and masculine, the boundaries between “beauty” and junk, norms and their transgressions. As one would write a poem, I combine both heterogeneous materials and words in unusual ways. I let them accumulate, juxtapose and contaminate each other, often with a peculiar sense of humour. Visually, I use materials to express ambiguity. My artwork looks unfinished yet complete; it is attractive and ugly at the same time. This allows me to examine female identity and to question the limits of what is considered “normal”, just like feminist collage did during the seventies, but this time using a peculiar sense of humor.

 

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